Les dérives de l’évaluation de la recherche, du bon usage de la bibliométrie

Depuis quelques années, le mot « évaluation » agite le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. On veut tout évaluer : les enseignants, les professeurs, les chercheurs, les programmes de formation et les universités. Les indicateurs « d’excellence » et de « qualité » se multiplient sans que l’on sache toujours sur quelles bases ils ont été construits.

Parmi les nombreux « indicateurs d’excellence » mis au service d’une vision gestionnaire de la production de la connaissance, le « h-index » et autres comptages des publications sont érigés, parfois par les chercheurs eux-mêmes, en étalon absolu de la valeur de leur activité.

Dans ce livre, Yves Gingras, sociologue des sciences et spécialiste de l’évaluation de la recherche, montre pourquoi les usages courants des indicateurs utilisés pour mesurer l’activité scientifique ou classer les universités ne respectent pas les conditions mêmes de leur validité et de leur pertinence telles que la bibliométrie la construit de manière rigoureuse.

Dans le domaine du savoir comme ailleurs, une orientation scientifique de la recherche devrait se donner les moyens de rompre avec le pilotage par des indicateurs utilisés à contre-emploi, et qui tiennent souvent lieu d’expertise.

Ce contenu a été mis à jour le 9 mai 2017 à 9 h 59 min.